26 avril 2009

La Hague: Le Nez de Jobourg


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Retour de randonnée sur le Sentier des Douaniers, au sud du Cap de la Hague.
Fin d'après-midi. Il fait encore chaud, mais le soleil baisse vers la mer, les ombres s'allongent, et la lumière devient belle.
Plus qu'une 1/2 heure et bon nombre de photos avant de retrouver la voiture au Nez de Voidries!
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Michel Lebonnois écrit des petits contes qui sentent bon le vent d'ouest, sur son blog, http://cahierscotentin.centerblog.net , et il les a publié dans son livre, "C'est Dadou qui dit ça".

Michel se présente ainsi:
Originaire du sud de la Manche mais vivant à Cherbourg depuis plus de 40 ans, je suis venu à l’écriture à l’approche de la retraite professionnelle, d’abord à travers cinq Essais, pour laisser trace de mon activité dans le domaine des sciences sociales et de l’éducation, qui m’ont ouvert le chemin du plaisir d’écrire.
Un premier Roman, «DEROUTE» paru en 2005 a connu un vrai succès, tant auprès du public que de la critique et a obtenu le prix « Ville de Trévières » au Festival du Livre Normand en 2006 ; ont suivi «LE PILIER» puis «LE SECRET D’OMONVILLE», et enfin «CHERBOURG-PARIS, Km 171»

L'année dernière, il a posté sur son blog cette petite histoire du Nez de Jobourg:

QUAND LE NEZ DE JOBOURG ETERNUA
Conte écrit avec et Pour Florent, six ans, déjà passionné par l’histoire du monde:

A l’aube du monde, il y a des millions d’années, les Terres formaient une seule masse au milieu d’un océan qui abritait les prémices de la vie.
Quelque part au milieu de ces Terres, une colline parmi tant d’autres se tenait au chaud sous ses forêts.
Cette masse était en permanence agitée de soubresauts, frappée par les orages, bousculée par les vents ; des volcans immenses explosaient dans les vallées et la masse craquait et se brisait. Elle se mit à se disloquer, des morceaux partirent à la dérive, flottant sur le magma que vomissaient les volcans. La mer emplissait les vides entre les morceaux de Terre qui devenaient des îles ou des continents.
La colline restait au chaud sous ses forêts. L’eau s’était rapprochée, mais elle était quand même encore bien loin. Les vents courant autour de la Terre ne faisaient qu’agiter la cime des grands arbres et les pluies torrentielles arrêtées par les épaisses frondaisons ne pouvaient pénétrer qu’en rosée bienfaisante jusqu’à l’humus qui lui servait de couverture. Elle se trouvait bien ici, ses rochers solides sentaient la chaleur de l’épaisse couche de feuilles, d’herbe, de champignons, qui la recouvrait, et dans laquelle commençaient à s’agiter des vers et des insectes, premiers instants de l’évolution animale.
Ainsi vécut la Terre pendant quelques millions d’années. La Vie dans les mers apparut. Les bulles de l’océan remplirent l’atmosphère d’oxygène, et les animaux qui avaient besoin de ce gaz vital purent alors se développer.
Passèrent le Trias, première époque des dinosaures, puis le Jurassique, deuxième époque avec de nouveaux dinosaures encore plus gros, enfin le Crétacé et l’énorme et invincible Tyrannosaurus Rex.
D’autres nouvelles espèces d’animaux peuplaient peu à peu la Terre, se nourrissant d’herbes, de feuilles, ou se mangeant entre eux. La colline sentait cette vie courir sur son échine, et la chaleur des bêtes qui dormaient à l’abri de ses forêts.
Mais un jour qui dura sans doute plusieurs siècles, la tempête devint encore plus violente. Des vents furieux firent le tour de la Terre à des vitesses vertigineuses, penchant la tête des arbres jusqu’à toucher le sol, arrachant les plus fragiles qui partaient dans le vent jusqu’à la mer. Des volcans apparurent où il n’y en avait jamais eu, provoquant de nouvelles cassures et poussant au loin des nouveaux morceaux de Terre.
Les animaux fuyaient effrayés, martelant de leurs pas lourds le dos de la colline inquiète. Elle sentait cette folie du Monde jusqu’au fond de ses entrailles de granit. Une nuit où la fureur des éléments était encore plus intense, elle sentit craquer et geindre ses rocs qu’elle croyait invincibles, et un énorme morceau se détacha, partant sur la mer comme un bateau ivre, laissant de place en place des petits morceaux. L’océan pénétra en un flot furieux dans la faille et roula ses vagues jusqu’au pied de la colline, arrachant les arbres protecteurs, emportant l’humus bien chaud. La colline bien tranquille se retrouva falaise attaquée par la mer à longueur de jours et de nuits.



Au pied de la falaise, un long rocher en forme de nez résistait vaillamment, éperon qui brisait les élans de l’océan. Jamais il n’avait eu aussi froid. Il faisait face aux éléments que sa résistance déchaînait encore plus. La mer attaquait ses pieds, emportant à chaque assaut les pierres les plus tendres, ouvrant en son sein des brèches profondes. Les vents que plus rien n’arrêtait s’appliquaient à lui arracher le peu d’humus qui réchauffait son dos.

Et ce qui devait arriver arriva : le froid du vent s’acharnait sur son dos dénudé, et la mer portait l’humidité jusqu’au plus profond de son ventre. Il se mit à frissonner puis à trembler de plus en plus fort. Le long nez s’était enrhumé.

Soudain, toute la colline fut prise de soubresauts ; une brèche profonde s’ouvrit à son pied, de laquelle surgit un ENORME éternuement, un terrifiant ouragan qui repoussa au loin la mer et les îles, découvrant le sable et le limon qui furent projetés dans l’espace, provoquant un noir nuage de poussière qui cacha le soleil. Cela se reproduisit plusieurs fois pendant les jours suivants, bousculant les petites îles comme de vulgaire cailloux ; une faille s’ouvrit dans laquelle s’engouffra la mer en un flot furieux. L’obscurité avait recouvert la Terre. Les animaux affolés se ruaient les uns sur les autres ou se noyaient dans la mer.

La poussière qui retombait recouvrait la végétation.

En peu de temps, toute vie, privée de nourriture disparut. Le dernier carnivore résista encore quelques semaines, jusqu’à ce qu’il ait mangé la dernière carcasse ; il erra encore quelques temps dans l’obscurité, respirant la poussière mortelle.

Ainsi disparurent les dinosaures.

Seuls les animaux marins, bien cachés au fond de la mer, survécurent jusqu’à ce que la poussière soit toute retombée. Alors revint le soleil, l’herbe et les arbres repoussèrent, et des animaux sortirent de la mer pour s’installer sur la Terre.

Tout recommençait.


Plus jamais le rocher
qu’on appelle aujourd’hui
« Nez de Jobourg »
n’éternua.
Il s’est habitué à vivre
les pieds dans l’eau
et le dos au vent.

Il voit, loin au large,
les petites îles qu’il a bousculées,
et qu’un courant furieux
empêche de revenir.


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On the way back from a long hike on the coastal path, south of the Cape of La Hague. It is now late in the afternnon. it is still hot, but the sun is going down, shadows lengthen and the light is getting much better.
Only 1/2 hour and a load of pictures before we go back to the car at the Nez de Voidries.
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No translation today for our English-speaking readers, I could not do justice to this enchanting story by Michel Lebonnois, a local writer. It plays on the name Nez de Jobourg, which comes from the Old Norse word naes, meaning a point or a cape. but Nez, in French, means nose.
So the tale tells the history of the Earth around the Nez (cape) of Jobourg; how it became much cooler, so cold in fact that the Nez (nose) of Jobourg caught a bad cold and sneezed. And it sneezed so hard that some pieces broke off, landing a few miles offshore - forming the Channel Islands. They would love to come back, these islands, but the currents are too strong, and keep them at bay forever....

22 avril 2009

Grandcamp, Vu de la mer



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On a mis les pieds dans l'eau pour cette photo, avec la mer qui montait inexorablement et nous repoussait vers le rivage.
Sur la gauche, l'épi de bois visble sur la photo pécédente et d'où a été prise celle d'avant çà.
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On a raconté l'histoire du cargo LE GRANDCAMP et son explosion apocalyptique dans le port de Texas City le 16 Avril 1947 (le début ici et la suite ). Voilà maintenant la fin de la tragédie.

Ce jour-là, le 16 Avril 1947, un autre cargo, le S.S. High Flyer, est amarré à coté du GRANDCAMP. Il contient une cargaison de soufre et plus de mille tonnes de nitrate d'ammonium. La force de l'explosion du GRANDCAMP brise ses amarres et il part à la dérive, se logeant finalement contre un autre Liberty Ship, le Wilson B. Keene. Le High Flyer est sévèrement endommagé, mais son équipage reste à bord jusqu'à ce que la fumée et les vapeurs de soufre les forcent à abandonner le navire. Dans l'aprés-midi, une équipe de sauveteurs monte à bord, à la recherche de victimes. Ils aperçoivent des flammes au fond de la cale et alertent les pompiers. Mais ceux-ci sont débordés, et plusieurs heures passent avant que des remorqueurs arrivent de Galveston pour pousser le High Flyer loin des quais.

A 1 heure du matin, le lendemain 17 Avril, les flammes éruptent de la cale du High Flyer, et les remorqueurs s'éloignent aussi vite que possible. Dix minutes plus tard, le cargo explose, une explosion que les témoins estiment encore plus forte que celle du GRANDCAMP. Il y a pourtant peu de victimes, il fait nuit, et le port est oomplètement évacué. Un véritable feu d'artifices de morceaux d'acier incandescent illumine le ciel et retombe sur la ville. De nouveau, de nombreux foyers d'incendie redémarrent. De nouveaux réservoirs de pétrole sont touchés et explosent.
Quand le jour se lève, les colonnes de fumée sont visibles à 50 kms. Ces nuages vont couvrir le Texas pendant de nombreux jours, jusqu'à ce que tous les incendies soient éteints.

L'explosion du Grandcamp reste la plus grande catastrophe industrielle dans l'histoire des Etats-Unis. L'explosion fut si intense, les incendies si nombreux, qu'un bilan exact fut impossible. La Croix Rouge et l'Eat du Texas comptèrent 405 morts identifiés et 63 non-identifiés. Une centaines de victimes sont "présumées mortes", aucune trace de leur corps n'ayant été retrouvée. Le nombre de blessés fut estimé à 3.500, soit un quart de la population de Texas City. Les dégâts matériels s'élèvent à $100 million (en dollars de 1947), sans tenir compte des 1,5 millions de barils de pétrole partis en flammes. Les raffineries, les pipelines, 50 réservoirs sont détruits ou sévèrement endommagés. Un tiers des habitations de Texas City a disparu, laissant plus de 2.000 sans-abris.

Que fut la cause de l'explosion? La vapeur.
Elle liquéfie le nitrate d'ammonium en oxide d'azote, très volatile. Et le nitrate d'ammonium a pu fournir assez d'oxygène pour nourrir l'incendie, rendant la vapeur incapable de combattre les flammes. La chaleur de la vapeur augmenta la température de la cargaison, jusqu'à 450 degrés, température à laquelle le nitrate d'ammonium explose. Le mazout, stocké dans les cales 3 et 4, a sans doute aussi infiltré les sacs d'engrais, mettant encore, littéralement, de l'essence sur le feu.

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We put our feet in the water for this photograph, the rising tide pushing us to the shore. On the left, the old pier visible on the previous picture and from where this one was taken.
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In the previous posts (Part 1 here and part 2 here), We started the history of the freighter GRANDCAMP and its horrendous explosion in the port of Texas City on April 16, 1947. Now it's time for the dramatic conclusion.

Next to the GRANDCAMP was another freighter, the S.S. High Flyer. It was loaded with sulfur as well as a thousand tons of ammonium nitrate fertilizer. The force of the Grandcamp's explosion had torn the High Flyer from its moorings and caused it to drift across the slip, where it lodged against another Liberty Ship, the Wilson B. Keene. The High Flyer was severely damaged, but many of its crew members, although injured, remained on board for about an hour until the thick, oily smoke and sulfur fumes drifting across the waterfront forced the master to abandon ship. Much later in the afternoon, two men looking for casualties boarded the High Flyer and noticed flames coming from one of the holds. Although they reported this to someone at the waterfront, several more hours passed before tugs manned by volunteers arrive from Galveston to pull the burning ship away from the docks.

By 1:00 A.M. on 17th April, flames were shooting out of the hold. The tugs moved quickly out of the slip. Ten minutes later, the High Flyer exploded in a blast witnesses thought even more powerful than that of the GRANDCAMP. Although casualties were light because rescue personnel had evacuated the dock area, the blast compounded already severe property damage. In what witnesses described as something resembling a fireworks display, incandescent chunks of steel which had been the ship arched high into the night sky and fell over a wide radius, starting numerous fires. Crude oil tanks burst into flames, and a chain reaction spread fires to other structures previously spared damage. When dawn arrived, large columns of thick, black smoke were visible thirty miles away. These clouds hovered over Texas City for days until the fires gradually burned out or were extinguished by weary fire-fighting crews.

The Grandcamp's explosion triggered the worst industrial disaster, resulting in the largest number of casualties, in American history. Such was the intensity of the blasts and the ensuing confusion that no one was able to establish precisely the number of dead and injured. Ultimately, the Red Cross and the Texas Department of Public Safety counted 405 identified and 63 unidentified dead. Another 100 persons were classified as "believed missing" because no trace of their remains was ever found. Estimates of the injured are even less precise but appear to have been on the order of 3,500 persons. Although not all casualties were residents of Texas City, the total was equivalent to a staggering 25 percent of the towns estimated population of 16,000. Aggregate property loss amounted to almost $100 million (in 1947 dollars), not counting 1.5 million barrels of petroleum products consumed in flames, valued at approximately $500 million in 1947 terms. Refinery infrastructure and pipelines, including about fifty oil storage tanks, incurred extensive damage or total destruction. The devastated Monsanto plant alone represented about $20 million of the total. Even though the port's bulk cargo-handling operations never resumed, Monsanto was rebuilt in little more than a year, and the petrochemical industry recovered quickly. One-third of the town's 1,519 houses were condemned, leaving 2,000 persons homeless.

What caused the explosion? steam vapors probably liquefied the ammonium nitrate to produce nitrous oxide – an extremely volatile substance. It is also likely that the ammonium nitrate, which can itself produce the oxygen necessary to feed a fire, prevented the steam from dousing any flames. Steam also heated the internal compartments within holds 2 and 4, further escalating the core temperature of the vessel's cargo, up to 850 degrees Fahrenheit, the temperature at which ammonium nitrate will explode. Fuel oil, which lay in tanks between holds 3 and 4, may have ruptured the bulkhead and leaked onto the bags of ammonium nitrate, literally adding more fuel to the fire.

Sources: http://www.texascity-library.org/TCDisasterExhibit/tc1947p4.htm

http://www.local1259iaff.org/disaster.html

19 avril 2009

Grandcamp: Nuit d'été



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La nuit tombe tard l'été à Grandcamp. Il faut attendre 11 heures du soir pour que le ciel s'assombrisse, et bien sûr, les marées ne coopérent pas tous les jours avec les photographes.
Ce soir-là, les astres étaient bien alignés: Des lambeaux de lumière, une déchirure dans les nuages, une mer calme qui commençait à baisser.
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Dans le dernier billet, ou a découvert l'origine du GRANDCAMP, et comment il connut une fin tragique dans une explosion catastrophique dans le port de Texas City le 16 Avril 1947. Reprenons le fil de l'histoire à 9h12 du matin, au moment de l'explosion.

Après la déflagration, un nuage de fumée noire, comme un gigantesque champignon, s'élève à plus de mille mètres dans l'air frais du matin. Déstabilisés par l'onde de choc, deux petits avions s'écrasent. Du nuage de fumée et de flammes sortent un rideau de morceaux d'acier qui fauche les pompiers, l'équipage, les dockers et la foule de curieux qui s'était assemblée sur les quais. A l'usine Monsanto, face au quai, 145 des 450 ouvriers sont tués. Une vague de 5 mètres de haut créée par l'explosion pousse une péniche sur le quai, puis se retire, entrainant morts et blessés dans le bassin en flammes. Des fragments du GRANDCAMP, certains pesant plusieurs tonnes, tombent sur la ville pendant de longues minutes, causant dégâts importants et de nombreuses victimes dans le centre commercial, situé à 1.500 mètres du port. Les réservoirs de pétrole dans les raffineries explosent à leur tour, bombardés de lambeaux d'acier. Après ces débris lourds retombent les balles de coton et de ficelle enflammées, projetées de la cale du GRANDCAMP par l'explosion, augmentant encore le nombre d'incendies dans la ville.

A Galveston, les passants sont jetés par terre, et les vitrimes des magasins sont démolies. A Baytown, 25 kms au Nord, les bâtiments oscillent comme dans un tremblement de terre. A Texas City même, les habitants, stupéfiés, qui se dirigent vers le port pour apporter des secours, rencontrent les blessés couverts de mazout noir, émergeant du nuage de fumée épaisse en titubant.

Les trois petites cliniques de la ville sont incapables de prendre soin de tant de blessés et les cas les plus sérieux sont envoyés à l'hôpital de Galveston, sur les bases militaires de la région, et même à Houston, à 80 kms de Texas City.

Des heures passent avant qu'une semblance d'ordre et de calme remplace la confusion et le choc de ce terrible sinistre.

Et pourtant, cette catastrophe n'est pas finie....

(A suivre).


L'usine Monsanto et les raffineries en feu. Le Grandcamp est derrière l'écran de fumée

Sources: http://www.texascity-library.org/TCDisasterExhibit/tc1947p4.htm

http://www.local1259iaff.org/disaster.html

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Night falls late in the summer in Grandcamp. You must wait until past 11 PM for the sky to darken, and of course, the tides are not cooperating every day with the photographers.

That night, everything was falling in place: Shreds of daylight, a tear in the cloud cover, and a calm sea what was just beginning to recede.
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In the last post, we found out about the S.S. Grandcamp, and how it exploded in the port of Teaxs City on April 16, 1947. Here is what happened next:

Just after the explosion, a huge mushroom like cloud billowed more than 3,ooo feet into the morning air, the shockwave knocking two light planes flying overhead out of the sky. A thick curtain of steel shards scythed through firefighters, ship's crew and workers along the docks, and the crowd of curious onlookers who had gathered at the head of the slip. At the Monsanto plant, located across the slip, 145 of 450 shift workers perished. A fifteen-foot wave of water thrust by the force of the blast swept a large steel barge ashore and carried dead and injured persons back into the burning basin as it receded. Fragments of the Grandcamp, some weighing several tons, showered down throughout the port and town for several minutes, extending the range of casualties and property damage well into the business district, about a mile away. Falling shrapnel bombarded buildings and oil storage tanks at nearby refineries, ripping open tanks of flammable liquids and starting numerous fires. After the shrapnel, flaming balls of sisal and cotton from the ships cargo fell out of the sky, adding to the growing conflagration and starting more fires.


People on the street in Galveston were thrown to the pavement, and glass store fronts shattered. Buildings swayed in Baytown fifteen miles to the north. In Texas City itself, stunned townspeople who started toward the docks soon encountered wounded persons staggering out of the swirling vortex of smoke and flame, most covered with a thick coat of black, oily water.

As the surge of injured quickly overwhelmed the towns three small medical clinics, serious casualties were taken to Galveston hospitals and later to military bases and even to Houston, fifty miles away.

Many agonizing hours were to pass before a semblance of order began to replace the shock and confusion caused by this totally unexpected and devastating event.

And yet, the disaster was not over.

(To be continued)

15 avril 2009

Grandcamp: Le Bord de Mer



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Le vieil épi de bois près du centre du village de Grandcamp a beaucoup souffert pendant les tempêtes de cet hiver. Il devrait être réparé avant l'été, et on pourra à nouveau prendre des photos, comme celle-là, de ce point de vue.
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On a introduit l'histoire du cargo GRANDCAMP dans le billet précédent, et ici, on commence à répondre à quelques unes des questions.

Le Grandcamp avait été construit en 1942 à Los Angeles et s'appelait alors le S. S. Benjamin R. Curtis. C'était un Liberty Ship, un de ces cargos construits en masse pour ravitailler les troupes américaines durant la Seconde Guerre Mondiale. Il vit du service dans le Pacifique jusqu'en 1945, puis le gouvernement américain le donna à la France, dans le programme d'aide à la reconstruction de l'Europe. La compagnie française qui en hérita le baptisa Le Grandcamp, pour ce petit port normand situé juste entre Omaha Beach et Utah Beach.
Avant d'arriver à Texas City le 11 avril 1947, le Grandcamp fit plusieurs escales, d'abord en Belgique, pour embarquer seize caisses de munitions, puis à Cuba et à Houston, embarquant et débarquant des cargaisons très ordinaires: des cacahuètes, de la ficelle, du tabac. A Texas City, il accosta au quai "O", pour embarquer des engrais, du nitrate d'ammonium.

Le jour du désastre, le 16 avril 1947, commençe de façon tout à fait ordinaire. If fait frais pour la saison, 14 degrés, avec un vent du nord-nord-ouest assez fort à 30 km/h..
Juste avant 8h du matin, les dockers ouvrent la Cale no. 4 du Grandcamp et se préparent à charger le reste de la cargaison d'engrais. 2.300 tonnes sont déjà à bord, dont 880 tonnes au fond de la cale no.4. Dans les autres cales, il y a encore de la ficelle, des cacahuètes, du tabac, du cotton, et les caisses de munitions. Aucune précaution spèciale ne semble nécessaire.
Plusieurs dockers descendent en fond de cale, attendant les premiers sacs de 100 kilos. L'un d'eux sent de la fumée et bientôt, ils aperçoivent un filet de fumée qui serpente entre la cargaison et la coque du bateau. Un bidon d'eau et le contenu de deux extincteurs n'ont aucun effet. On amène un tuyau d'incendie, mais l'eau est coupée. La fumée devenant trop épaisse, les dockers quittent la cale.
Leonard Boswell, le contremaitre, et Peter Suderman, patron des manutentionnaires, discutent ce qu'ils peuvent bien faire, quand le capitaine du Grandcamp annonce qu'il ne veut pas qu'on combatte le feu avec de l'eau, parce que ça ruinerait sa cargaison. Il décide de colmatter les écoutilles, d'éteindre les ventilateurs et d'injecter de la vapeur dans la cale. A sa demande, les munitions sont déchargées de la cale no.5. L'incendie s'intensifie, et la chaleur force maintenant les manutentionnaires et les dockers à quitter le navire. La sirène du Grandcamp sonne l'alarme, reprise aussitôt par celle de la Texas City Terminal Railway Company. Malgré une grève par les employés de la compagnie de téléphone, Suderman réussit à joindre les pompiers de Texas City et appelle en renfort un bateau-pompier de Galveston

Il ést alors 8h30. Soudainement, la pression de la vapeur dans la cale arrache les écoutilles et une épaisse colonne de fumée orange monte vers le ciel. Attirés par les sirènes et cette fumée aux couleurs étranges, plusieurs centaines de curieux s'approchent des quais. 26 pompiers avec 4 camions, suivis par l'équipe de la Republic Oil Refining Company arrivent sur les lieux et installent leurs tuyaux.
Vers 9h. des flammes bondissent des écoutilles.

Douze minutes plus tard, le Grandcamp explose, dans une conflagration énorme qu'on entend jusqu'a 200 kilomètres de Texas City.


Sources: http://www.texascity-library.org/TCDisasterExhibit/tc1947p4.htm

http://www.local1259iaff.org/disaster.html

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The old wooden jetty was badly damaged by wicked storms last winter, leaving gaping holes in its deck. It should be repaired by the time summer arrives, and you will be able to take pictures again, like this one, from this point of view.
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We introduced the story of the S.S. Grandcamp in this post, and here we begin to answer some of the questions.

The S.S. Grandcamp was a Liberty Ship built in 1942 in Los Angeles and originally christened the S. S. Benjamin R. Curtis. It served with the Pacific fleets during World War II. After the war was over, the U.S. government offered the ship to France as part of the aid program to rebuild Europe. A French line renamed it S.S. Grandcamp after a small port in Normandy – “Grandcamp-les-bains”.

Before arriving in Texas City, the Grandcamp made several stops, including one in Belgium where sixteen cases of small arms ammunition were loaded onto the ship. After crossing the Atlantic, it docked in Cuba and Houston to exchange several freights of commonplace items like twine and peanuts before anchoring in the Port of Texas City at the North Slip of Pier O on April 11, 1947. It was to pick up a load of ammonium nitrate fertilizer.

The day of the Texas City Disaster, April 16, 1947, began as an ordinary day. The weather was unseasonably cool at 56 degrees, and there was a 20 mph wind from the North Northwest.

Just before 8:00 A.M., longshoremen removed the hatch covers on Hold 4 as they prepared to load the remainder of the consignment of ammonium nitrate fertilizer. Some 2,300 tons were already onboard, 880 of which were in the lower part of Hold 4.

Several longshoremen descended into the hold and waited for the first pallets holding the 100-pound packages to be hoisted from dockside. Soon thereafter, someone smelled smoke. A plume was observed rising between the cargo holds and the ships hull, apparently about seven or eight layers of sacks down. Neither a gallon jug of drinking water nor the contents of two fire extinguishers supplied by crew members seemed to do much good. As the fire continued to grow, someone lowered a fire hose, but the water was not turned on. Since the area was filling fast with smoke, the longshoremen were ordered out of the hold.
While Leonard Boswell, the gang foreman, and Peter Suderman, superintendent of stevedores, discussed what action to take, the captain of the Grandcamp stated that he did not want to put out the fire with water because it would ruin the cargo. Instead, he elected to suppress the flames by having the hatches battened and covered with tarpaulins, the ventilators closed, and the steam system turned on. At the captain's request, stevedores started removing cases of small arms ammunition from Hold 5 as a precautionary measure. As the fire grew, the increased heat forced the stevedores and some crew members to leave the ship. The Grandcamp's whistle sounded an alarm that was quickly echoed by the siren of the Texas City Terminal Railway Company. Despite a strike by the telephone workers, Suderman, seriously concerned by now, managed to reach the Fire Department and then called Galveston for a fire boat. It was now about 8:30. At this point, growing pressure from the compressed steam fed into Hold 4 blew off the hatch covers, and a thick column of orange smoke billowed into the morning sky. Attracted by its unusual color and the sirens, several hundred onlookers began gathering a few hundred feet away at the head of the ship. Twenty-six men and the four trucks of the Volunteer Fire Department, followed by the Republic Oil Refining Company fire-fighting team, arrived on the scene and set up their hoses.

Around 9:00, flames erupted from the open hatch, with smoke described as "orange smoke in the morning sunlight...beautiful to see."

Twelve minutes later, the Grandcamp disintegrated in a prodigious explosion heard as far as 150 miles away.

Next time, what happened after the explosion of the ship.


Sources: http://www.texascity-library.org/TCDisasterExhibit/tc1947p4.htm

http://www.local1259iaff.org/disaster.html

13 avril 2009

Grandcamp: Vestiges du Phare


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Au bout de la jetée à Grandcamp, on se trouve nez-à-nez avec ce cylindre de métal blanc tout rouillé. C'est tout ce qui reste du phare qui éclairait l'entrée du port.
Pas bien photogénique, mais en Noir et Blanc, on arrive à en faire quelque chose de passable.
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C'était voilà 62 ans cette semaine.
Le 16 Avril 1947, à 9:12 du matin, dans le port de Texas City au Texas, le cargo "GRANDCAMP" explosa et causa un terrible incendie. 581 personnes périrent, 2.000 se retrouvèrent sans abri, et plus de 500 maisons furent détruitent. Le port de Texas City ne s'en remettra pas, et Houston devint le grand port texan.

Qu'est-ce qui a causé cette explosion? Et qu'est-ce qu'un bateau qui s'appelait le "GRANDCAMP" pouvait bien faire au Texas en 1947?

Nous apprendrons les réponses à ces questions dans les billets à venir.

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At the end of the jetty of Grandcamp, you end up facing this stump of rusting white metal. That's all that's left of the original lighthouse which guided boats into the harbor.
Not very photogenic, but in Black and White, it's possible to get a decent picture.
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It happened 62 years ago this week.
On April 16, 1947, at 9:12 AM, in the port of Texas City, Texas, the freighter S.S. GRANDCAMP exploded and started a horrible fire. 581 people died, 2000 were left homeless and more than 500 homes were destroyed. The port of Texas City never recovered, and Houston became the busiest port in the area.

What caused this terrible explosion? And what was a ship named GRANDCAMP doing in Texas in 1947?
We'll find out in the next few posts.

10 avril 2009

Barfleur: La Jetèe, quand passent les orages.


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Le ciel n'est pas souvent aussi dramatique au large de Barfleur, mais la jetée est toujours un bon sujet.
Le bout de digue devant l'église est l'endroit idéal pour ces photos.

A l'entrée du port de Barfleur, il n'y a pas de portes pour maintenir le niveau de l'eau à marée basse. Dès que la mer baisse, les bateaux ne peuvent plus y rentrer. Alors, comme à St-Vaast, les retardataires doivent s'amarrer à la jetée et attendre la marée suivante.
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Barfleur est le dernier port d'échouage de la région: il se vide complétement à marée basse. Et cela fait partie de son charme.

Voilà quelques années, un project d'expansion du port en bassin de plaisance prévoyait l'allongement de la petite digue qui est devant l'église, afin de pouvoir installer des portes et de fermer le bassin à marée basse.
Ce fut la révolte à Barfleur, et une pétition recueillit en quelques mois plus de 8000 signatures. La Mairie de Barfleur organisa une consultation des électeurs, des résidents secondaires et des usagers du port sur la construction de cette digue : Résultat : Non : 81,6 %, Oui : 18,4 %.
Le projet de bassin fermé fut alors suspendu, mais le Conseil Général n'a pas dit son dernier mot.
Le port d’échouage restera-t-il dans son état actuel avec sa vue exceptionnelle sur le grand large ?
La menace est-elle momentanément ou définitivement écartée ?

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The sky is not often that dramatic over Barfleur, but the jetty is always a good subject. The short quay in front of the church is the best place for these pictures.

At the entrance to the port of Barfleur, there are no gates to maintain the level of the water inside the basin at low tide. As soon as the tide goes out, the larger boats are unable to sail in. Just as in St-Vaast, those who are coming home late have to dock along the jetty and wait for the next tide.
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Barfleur is the last "grounding" harbor in the region: It is completely empty at low tide, and the boats lie on their side on the sandy bottom. And this is part of its charm.
Some years ago, a project was proposed, to enlarge the basin to create a marina for pleasure boats. The short quay in front of the church would be lengthened and gates installed between it and the jetty.
This caused a revolt in Barfleur. Over 8.000 people signed a petition demanding the grounding of this project. The municipality was forced to organize a vote on the issue, open to the residents, the owners of summer homes and the boat owners. The results: No : 81,6 %, Yes : 18,4 %.
The project was suspended, but the General Council - a regional entity - has not said its last word.
Will the harbor at Barfleur stay as it is today with its superb view toward the sea?
Is the threat temporarily or permanently averted?

4 avril 2009

St-Vaast-la-Hougue: L'Avant-port à Marée basse


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Quand les chalutiers de St-Vaast reviennent trop tard pour rentrer dans le port, les portes étant fermées dès que la marée baisse, ils s'amarrent le long de la jetée et y débarquent leur poisson.
Pour les photographier, il faut venir à l'embarcadère pour l'Ile de Tatihou, derrière la Capitainerie.
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On a parlé du Débarquement anglais à St-Vaast au début de la Guerre de Cent Ans. Eh bien, ils sont revenus, les Anglais, soixante ans plus tard, sous le règne de Henry IV, alors que Charles VI est Roi de France.
Le 27 juin 1405, en plein milieu du conflit entre Armagnacs de Louis d'Orléans et Bourguignons de Jean Sans Peur, les Anglais débarquent à la Hogue de Saint-Vaast et, selon Dom Lenoir, "pillèrent et gastèrent" plusieurs villes et paroisses, donnant lieu, en 1407, à l’octroi d’un secours de 1000 livres, accordé par le Roi aux paroisses sinistrées.

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When the trawlers of St-Vaast return too late to enter the harbor, as the gates close as soon as the tide recedes, they dock along the jetty to unload their catch. To photograph them, it is best to cross the gates toward the ramp used by the shuttle to the Tatihou Island, just beind the harbor's captain's office.
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We told you about the English landing in St-Vaast at the beginning of the Hundred Years War.. Well, they did it again, sixty years later, while Henry IV was king of England and Charles VI king of France.
On June 27, 1405, in the thick of the civil war between the Armagnacs of Louis d'Orléans and the Bourguignons of Jean Sans Peur, the English invade St-Vaast, and according to Dom Lenoir, laid ruin to several towns and parishes. To make amend and repair the damage, in 1407, the King of France grants the sum of 1000 pounds to these parishes.