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3 février 2010

St-Vaast-la-Hougue: L'avant-port / Bataille de la Hougue: Les épaves


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La dernière fois qu'on était à St-Vaast-la-Hougue, la mer était basse.
Cette fois, la mer monte, et dans l'avant-port, les chalutiers se redressent peu à peu.
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Le 2 juin 1692, à l'issue des batailles de Barfleur et de la Hougue qui virent s'opposer la flotte de Louis XIV, emmenée par l'amiral Tourville, aux escadres coalisées anglo-hollandaises, douze vaisseaux français, venus chercher refuge en rade de la Hougue, près du port de Saint-Vaast-la-Hougue, sur la côte nord-est du Cotentin, furent incendiés par les brûlots et les explosifs des chaloupes anglaises. Dans les années qui suivirent la perte des vaisseaux, d'intenses campagnes de récupération méthodique, orchestrées directement depuis Versailles, furent menées sur les épaves. Canons de " fonte verte ", tonneaux de poudre, espars et accastillage divers purent ainsi être récupérés et acheminés vers les entrepôts du royaume.

Réservoir inopiné de bois et de fer pour les populations côtières et zone de prédilection des pêcheurs pour y mouiller leurs engins de pêche, ces épaves tombent pourtant peu à peu dans l'indifférence, voire l'oubli, jusqu'à leur redécouverte officielle en 1985, quand elles furent déclarées aux Affaires Maritimes. Des recherches systématiques furent alors entreprises.

Les épaves de cinq vaisseaux de ligne de premier rang, soit les plus grands de la marine du Roi, sont situées par faible profondeur, en arc de cercle au pied de l'île Tatihou, sur un fond de sable coquillier. Armés chacun de 80 à 84 canons, ils possédaient tous des caractéristiques nautiques équivalentes. Leurs dates de lancement s'étalonnent entre 1665 et 1692, dates contemporaines de la réforme entreprise par le ministre Colbert puis ses successeurs pour améliorer la flotte royale. Construits dans les trois principaux arsenaux du royaume de Toulon, Rochefort et de Brest, issus des mains de quatre maîtres charpentiers (le hollandais Gédéon Rodolphe, le provençal François Chapelle, le rochefortais Honoré Malet et le génois Blaise Pangalo), l'étude archéologique de leurs vestiges offre en outre la possibilité d'appréhender l'ensemble des méthodes, des techniques et des procédés de construction utilisés en ce dernier tiers du XVIIe siècle.




The last time we saw the jetty at St-Vaast-la-Hougue, it was low tide.
This time, the sea is rising, lifting the trawlers from the sandy bottom.
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On June 2 1692, at the end of the Battle of Barfleur, which opposed the French Royal Navy of Louis XIV, commanded by Admiral Tourville, to the anglo-dutch fleet, twelve French warships found refuge in the bay of La Hougue, just outside the port of Saint-Vaast-la-Hougue, on the North-East coast of the Cotentin peninsula. They were all destroyed by English fireships and longboats laden with explosives.

In the following years, the French government orchestrated the recovery of whatever was of military value from the wreckage, Bronze cannons, barils of gunpowder, spars and sections of decking, which found their way into the royal warehouses.

The wrecks became a source of wood and iron, and a favorite fishing spot for the local population. But they soon were forgotten, until 1985, when they were officially rediscovered, a process which involved alerting the Ministry of Maritime Affairs. Shortly after, a systematic study of the site took place.

Five large warships, some of the biggest in the French Royal Navy, sunk in shallow water, in an arc around the island of Tatihou, on sandy bottom covered with shells. They carried from 80 to 84 guns, and were very similar in their architecture. They had been built between 1665 and 1692, as part of Colbert's plans to improve the navy, in the three main shipyards in France, Toulon, Rochefort and Brest, by the best naval carpenters of the time, Gédéon Rodolphe, a Dutchman, François Chapelle from Provence, Honoré Malet from Rochefort and Blaise Pangalo from Genoa.

The archeologic study of the remains presents a chance to catalog the construction methodology and the techniques in use at the end of the 17th c.

3 décembre 2009

St-Vaast-la-Hougue: Ciel d'orage/ La Bataille de la Hougue: La Défaite


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Pour conclure l'histoire de Tourville et de la Bataille de la Hougue, il faut quitter Gatteville et suivre la côte vers le sud. On traverse Barfleur, et on arrive à St-Vaast-la-Hougue.

De l'embarcadère pour l'Ile de Tatihou, on regarde la jetée, la mer, et on garde un oeil sur le ciel, menaçant.
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Notre historien cherbourgeois continue son récit, commencé :

..." Notre flotte, poursuivie par l'ennemi jusque dans la baie de Cherbourg, n'aurait eu aucun autre dommage, si le projet proposé cinq ans auparavant eut été exécuté, et qu'elle y eut trouvé un port pour se réfugier; mais faute d'abri, nos vaisseaux tentèrent de gagner Brest ou Saint-Malo."

..." Vingt-neuf y arrivèrent heureusement, après avoir bravé mille dangers en doublant le cap de la Hague; mais quinze autres, plus maltraités dans le combat, ne purent résister à l'impétuosité des marées, et furent obligés de revenir du côté de Cherbourg."

Douze de ces navires réussirent à croiser la flotte ennemie et retournèrent s'abriter dans la baie de St Vaast La Hougue où ils s'échouèrent.

" Le Soleil-Royal, vaisseau de cent vingt pièces de canon, qui avait été au plus fort de la mélée, était percé en tant d'endroits, que le comte de Tourville qui le montait, fut obligé de l'abandonner et de se jeter dans un autre. Alourdi par l'eau qui a envahi ses cales, Le Soleil Royal s'échoue à la pointe du Homet, Le Triomphant à l'entrée du port et L'Admirable à Tourlaville. C'est alors une véritable bataille terre-mer qui s'engage. L'artillerie des fortifications de la ville s'efforce par son feu de tenir les navires anglais à distance. Vers 10h, un brûlot atteint Le Soleil Royal qui s'embrase. Les réserves de poudre du navire explosent dans un vacarme terrassant. Les deux autres navires subiront le même sort."

L'Ambitieux, Le Merveilleux, Le Foudroyant, Le Magnifique, Le Tonnant, Le Saint-Philippe, Le Terrible, Le Fort, Le Fier et Le Gaillard se dirigèrent vers la Hougue et y mouillèrent. Le 2 juin, les six plus gros navires étaient échoués du côté de l'îlet, six autres du côté des Hoguets, derrière le fort de la Hougue. A l'arrivée des ennemis, le marquis de Villette mit le feu à L'Ambitieux. Les Anglais, embarqués sur des chaloupes, incendient l'un après l'autre les navires en rade de la Hougue. Jacques II regarde sur les hauteurs de Quinéville, ce spectacle qui signifie la fin de ses ambitions. Louis XIV ne tient pas rigueur à Tourville qu'il nomme maréchal de France en 1694.

Cette sévère défaite révèle la nécessité de consolider la défense de la baie, avec deux tours similaires, l'une sur le fort de la Hougue et l'autre sur Tatihou. Elle révèle aussi amèrement l'erreur commise par les adversaires de Vauban, qui ont convaincu le Roi d'arrêter les travaux du port de Cherbourg et même de détruire ses fortifications.

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To conclude the history of Tourville and the Battle of la Hougue, we need to leave Gatteville and follow the coast southward, through Barfleur, and to St-Vaast-la-Hougue.

From the dock where the boat leaves for the Island of Tatihou, we look over the sea, the jetty and the trawlers, and we keep an eye on the threatening sky.

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The first phase of the battle was told here. And here is how it ended:

Throughout 20 May, the chase to the west continued and on the following morning at 11.00 the French 'Soleil Royal', 106 guns, went aground near Cherbourg, Tourville having already disembarked. Together with the majority of his fleet, Tourville took refuge in the Bay of La Hogue. Sir Ralph Delavall's initial attempt to destroy the 'Soleil Royal' and the two large ships with her, the 'Admirable', 90 guns, and the 'Triomphant', 74 guns, was repulsed. However on 22 May, he renewed his attack with his boats and destroyed all three. The same day the rest of the fleet worked its way into the Bay of La Hogue to get within striking distance of the rest of the French fleet. The next day, Monday 23rd, the boats of the fleet were ordered in under Vice-Admiral George Rooke in the 'Neptune', 96 guns. The French ships were so close to the shore that the French cavalry rode into the water to protect them. Altogether, 12 French men-of-war were destroyed, together with several transports. With the destruction of so much of Tourville's fleet, the threat of invasion disappeared.